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Questions/réponses sur : Le Vilain (1)

- En ce qui concerne le one-man-show, j’ai déjà répondu à plusieurs reprises donc cf. réponses précédentes.

- Collaboration avec Claude Perron : il n’y avait pas de rôle pour elle dans ce film, mais ce n’est que partie remise…

- Le prochain film de Blier ? Je ne connais que le casting principal, en l’occurrence Jean Dujardin et ma pomme. Je n’en sais rien d’autre, mis à part que le scénario est le meilleur de Blier depuis longtemps, mélange de drôlerie et de tendresse sur fond dramatique comme il sait si bien le faire.

- Réaliser un film d’action / suspens ? En tant qu’acteur, j’ai déjà fait (cf. Le Convoyeur), pourquoi pas le refaire. En tant que réalisateur, non, je préfère essayer de vous faire ricaner.

- Quels sont les comiques qui me font rire ? On ne peut que regretter le temps des Coluche et Desproges qui en plus d’être drôles étaient franchement insolents. Aujourd’hui, ils me paraissent tous un peu fades. Mais en fait je connais mal leur travail et je me demande si je ne regrette pas tout simplement ma jeunesse.

- Si je pratique l’écologie ? Je ne demande pas mieux mais à part manger bio (ce qui est déjà pas mal), je ne vois pas ce que quelqu’un de motivé peut faire de plus. Où sont les voitures électriques ? où sont les innombrables et nécessaires pistes cyclables dans les grandes villes ? on va dire que l’idée est belle et totalement indispensable mais que l’on ne s’en donne pas vraiment les moyens aujourd’hui, si ce n’est en discours. Je pense que tant qu’il restera de l’énergie fossile, les hommes (dit modernes) s’entretueront pour la posséder et pollueront en s’en servant. A titre anecdotique, on a fait un bilan carbone sur le film et j’ai découvert avec effarement à quel point j’avais pollué et encore, parmi tous les films analysés, nous étions parmi les plus « bio ». J’ai appris à cette occasion qu’une journée ordinaire de l’homme moderne aurait nécessité le travail de 100 esclaves il y a quelques siècles.

- Le Mont St Michel : breton ou normand?… Je ne sais pas, faisons la guerre en attendant. Sale racaille de Normand !

- D’où me vient l’idée du piège à tortue ? En me servant des accessoires supposés être dans la chambre du Vilain, son banc de muscu, bouquins de classe jamais ouverts, raquette de tennis de l’époque. Et tout ceci au service de l’imagination tordue du Vilain…

- Ce que j’attends des avant-premières ? Lors des avant-premières, je suis très content de voir les gens en chair et en os, car après ils deviennent très abstraits et ne sont plus que des chiffres. Je me nourris de leurs rires, de leur enthousiasme, et aussi de leurs contradictions. J’ai besoin de faire le plein de toutes ces sensations avant de repartir sur un autre projet.

- Comment vient une idée de film ? Une idée de film pour moi est une idée qui perdure plusieurs mois dans ma tête, avec insistance et entêtement. J’essaie de la mettre noir sur blanc, en un mot de formuler clairement ce que je ressens confusément. Puis si cela tient toujours le coup (et croyez-moi, ce n’est pas toujours le cas), je me lance en espérant que ma chute sera productrice. Après quelques mois, je me relève, j’examine l’étendue des dégâts, si cela me fait toujours marrer, j’essaie d’en faire un film. Voilà, chacun son truc.

- Quelles sont les étapes d’un projet ? Une fois qu’on a survécu à l’écriture du scénario (cf. réponse au-dessus), on se demande comment le mettre en images. Ca c’est beaucoup plus facile, et plus ludique. Je découpe minutieusement mes films longtemps à l’avance, quitte à recommencer le découpage, en fonction des décors et des acteurs. A noter que ces découpages multiples provoquent souvent une réécriture du script. Puis, si je trouve des acteurs qui veulent bien tourner pour moi, on fait des répétitions, et à la fin des répétitions, s’ils me parlent encore, on tourne ! En parallèle à cette invasion mentale personnelle et collective, je mets en place la mise en scène, c’est-à-dire repérages nombreux et exhaustifs, persécution du chef déco, stage – recrutement des techniciens (les survivants du film précédent), séquestration du chef monteur, recherche frénétique d’investisseurs etc. Voilà, le drame est noué, il ne reste plus qu’à tourner.

- Cette tournée est vraiment un choix personnel. J’ai toujours fait des tournées à la sortie de mes films, comme je l’ai dit précédemment, j’en ai physiquement et mentalement besoin. Même si c’est fatigant, je le reconnais, quoiqu’il ne faille pas exagérer non plus.

- La place de la musique ? Dans mon quotidien, la musique est très présente. Surtout en ce moment où voyageant beaucoup, je suis obligé d’entendre les conversations insipides de mes contemporains. Ce qui me pousse à me réfugier dans mes écouteurs.
En vieillissant, j’apprécie de plus en plus le classique mais revient régulièrement dans des listes hétéroclites, qui vont du hard rock à la soul en passant par la variété. A noter que j’ai vu récemment le concert Elton John / Ray Cooper, et que si Elton John m’a largement ennuyé avec ses mélodies sucrées au piano, Ray Cooper m’a ravi en dynamitant littéralement le show. Ce type est un géant.
J’aime toutes les musiques de mes films, avec une tendresse particulière pour celle du générique de fin de « Bernie », composée spécialement par Noir Désir. C’est une chanson qui s’appelle « Là-Bas ».
Sur « Le Vilain », nous nous sommes procurés deux titres « Surfin’ Bird » des Trash men et « Dor e Dor » de Tom Ze. « Surfin’bird » est un micro clin d’œil à maître Kubrick, qui avait utilisé ce titre dans « Full metal jacket ». « Dor e dor » est un coup de foudre éprouvé au hasard de mon écoute.
Le reste est le travail d’un jeune mélodiste doué (Christophe Julien), qui a été particulièrement à mon écoute lorsque je lui exprimais maladroitement mon envie de musique pour Harry Potter de banlieue.

- Ce que m’apporte de tourner avec d’autres réalisateurs ? Cela m’a surtout donné confiance en moi en tant qu’acteur, mais je suis allé dans des registres dramatiques trop éloignés de la comédie pour pouvoir m’inspirer de leur savoir-faire. J’en cependant souvent repéré d’excellents techniciens que j’ai par la suite débauchés pour mes films suivants (par exemple Benoît Debie, repéré sur « Irréversible » et qui fut le chef op’ d’« Enfermés dehors »).

- Le cinéma (ou s’exprimer tout simplement) est une bonne thérapie, j’use et en abuse avec délectation, sinon qu’aurais-je fait ? D’un bilan psychiatrique au fait divers, tout était possible… ou pire j’aurais pu ce que l’on appelle un être « normal ».

- Les séries TV ? Je les ai découvertes grâce… au DVD. Et effectivement il y en de très très bonnes. Je mettrais en 1 dans mon hit parade les sept saisons de « West wing », en 2, le coffret « Band of brothers », et en 3, certains saisons de « Six feet Under ».

- Sam Raimi une influence ? Ai déjà répondu ces dernières années à ce que je pensais de Sam Raimi, virtuose de la caméra, mais qui à mon sens n’a pas rencontré de scripts dignes de lui. A noter qu’il a néanmoins engendré deux monstres du cinéma, à commencer par les Frères Coen qui furent ses assistants dans les années 80.

A très vite

Albert